Éditions De La Revue Phénicienne : La Premiere Maison d'Édition Francophone Au Proche-Orient
  Si je rappelle aux miens nos aïeux phéniciens,
C’est qu’alors nous n’étions au fronton de l’histoire,
Avant de devenir musulmans ou chrétiens,
Qu’un même peuple uni dans une même gloire ...
Charles Corm
La montagne inspirée, 1934
 

La Revue
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Préserver la mémoire...
Dr. Souraya Abifares
févr. 2014

Avril 2000 notre cyber aventure débuta, suite à une annonce sur le site www.histoire.org (les forums de l’histoire). Le concepteur du site cherchait un rédacteur pour animer la rubrique réservée aux Phéniciens. La coopération dura deux ans. Histoire.org ayant cessé son activité associative, nous avons choisi de récupérer nos pages et avons opté pour la création de notre propre site www.pheniciens.com.

 I- Pourquoi « pheniciens.com » ? 

Le choix du nom s’imposait de lui-même, en rapport avec le nom communément utilisé par les historiens depuis des siècles, pour désigner les habitants des cités cananéennes, sur la côte est de la Méditerranée. Ces autochtones, se revendiquaient par appartenance à leurs cités, ils étaient Sidoniens, Tyriens, Giblites. L’histoire les a regroupés sous le nom de Phéniciens. Qui en furent les premiers à les rassembler sous cette nomination commune? Est-ce bien les Grecs, à qui fut attribuée l’utilisation de ce terme générique ? Est-ce les historiens eux-mêmes plus tardivement ?

Malgré la polémique qui persiste jusqu’à nos jours, conférant ou refusant une légitimité à cette appellation, nous avons choisi « Phéniciens », terme connu et usuel de ces cités, politiquement et administrativement indépendantes les unes des autres. Il n’empêche que des alliances furent établies entre elles, Sidon et Tyr se retrouvèrent parfois sous la gouvernance d’un seul et même roi. D’autre part, le plus souvent, ces cités se ralliaient du côté d’un nouveau pouvoir pour faire face à d’autres cités concurrentes

La géographie a également renforcé  cette situation d’autonomie ou d’alliance. Les cités de Sidon et de Tyr plus proches géographiquement ont pu s’allier à un moment de leur histoire. La position de Byblos, Gebal, plus au nord, séparée par un passage ardu et infranchissable constitué par la vallée de Nahr el-kalb (le Lycus) lui a assuré une certaine indépendance. Ce fut le cas aussi de la cité d’Arwad, petite île au large.

Cités autonomes, stratégiquement bien implantées, entre terre et mer, au carrefour des grandes civilisations de l’antiquité, certains historiens les ont groupé dans un seul territoire, la Phénicie. Nous utilisons actuellement cette dénomination pour indiquer l’ensemble des diverses cités, d’Arwad au Nord jusqu’à Tyr au Sud, avec fluctuation de quelques kilomètres. Ce qui correspondrait plus ou moins aux frontières du Liban actuel.

II- Quels sont les objectifs de ce site ?

-   Un peuple oublié

Au fur et à mesure des années, nous avons remarqué la disparition des Phéniciens des livres d’histoire. L’Antiquité débute souvent avec les Grecs tout simplement.

Certains visiteurs de notre site n’ont pas hésité à confirmer ce manque à travers leurs messages. Parmi eux, celui de Julien posté le 12 février 2000, « votre site est vraiment excellent !! Grâce à vous, j'ai pu réaliser très rapidement un travail de recherche sur ces phéniciens. Enfin un peu de données sur ce peuple antique... La bibliothèque de mon école est tellement pauvre qu'elle ne possède rien qui parle d'eux ! Encore Bravo ! ».

Des initiatives suivirent. Un grand nombre de Centres de Documentation et d’Information (CDI) de collèges et lycées en France, en Belgique et au Canada ont référencé nos pages. Certains nous ont sollicités pour l’édition d’un CD Rom à usage interne pour leurs élèves. Nous avons toujours répondu favorablement et à titre gracieux.

- «  Vulgariser » pour rendre accessible à tous  »

Le site est à la portée de toute personne désireuse de connaître ce peuple, son histoire, ses particularités, son audace à braver les vagues et aller au-delà des limites du monde connu de l’époque, loin des colonnes d’Hercule. Beaucoup de gens savent que les Phéniciens sont les « inventeurs » de l’alphabet, rares ceux qui se souviennent qu’Europe est une princesse de Tyr à l’instar d’Elissa, la fondatrice de Carthage.  Entre mythes, légendes et réalité historique les frontières sont fragiles.

Dès lors une question s’est imposée, comment en parler, avec méthodologie et rigueur, sans glisser ni dans le simplisme, ni dans  l’érudition parfois rébarbative  pour le lecteur ordinaire. Le choix s’est porté sur plusieurs rubriques, à travers lesquelles les internautes découvrent les cités, les cartes des sites archéologiques, les personnages célèbres, des articles autour de l’alphabet, l’art, l’expansion, avec un lexique, des documents, une chronologie et une bibliographie. Pour ceux qui souhaitent compléter et élargir leur champ de connaissances, d’autres sites spécialisés sont répertoriés via la page des liens (musées, centres de recherches, sites internet, éditeurs, etc.).

- «  Préserver la mémoire, consolider l’avenir  »

A travers notre devise, nous avons choisi d’évoquer la période fondatrice de l’histoire du Liban, sans autre prétention que celle de faire connaître les événements qui ont façonnés notre antiquité. La citation de Charles Corm sur la page d’accueil résume cette volonté d’évoquer une histoire commune, loin de toute idéologie ou manipulation.

 

« Si je rappelle aux miens nos aïeux phéniciens,  
C’est qu’alors nous n’étions au fronton de l’histoire,  
Avant de devenir musulmans ou chrétiens,

Qu’un même peuple uni dans une même gloire ..." 

 

Evoquer Charles Corm peut certes créer polémique, au regard du personnage, de ses écrits et ses positions d’inconditionnel « phénicophile ». Néanmoins, une question s’impose, pouvons-nous continuer à lire ces paroles dans le contexte du début du XX° siècle ? Pourquoi ne pas s’en inspirer pour une relecture plus actuelle, dans un discours visionnaire de paix et de rassemblement autour d’une histoire antique qui désormais nous unit, à l’inverse de celle plus contemporaine qui continue à nous diviser.

-  Développer des échanges culturels et touristiques

 Notre site n’a aucun but lucratif, toute publicité y est bannie. Nous œuvrons uniquement pour la promotion de ce grand peuple et son héritage culturel. Notre financement est personnel, nous garantissant une indépendance totale. Nous avons lancé, dès l’ouverture du site un appel pour des participations externes, invitant ceux qui le souhaitent de faire part de leurs recherches, publications ou travaux universitaires et académiques. Nous relayons l’appel via cet article, pour une coopération participative mais toujours gratuite.

Depuis mars 2013, une nouvelle présentation plus personnalisé et ludique est adoptée, avec des illustrations de Joëlle Achkar, ainsi qu’une restructuration  des pages.  Le 2 juin un blog est ouvert pour suivre l’actualité et les projets autour des Phéniciens. Parmi eux nous retenons les plus emblématiques :

  • Le second projet de navigation sur les traces des Phéniciens, avec Peter Beale qui a contourné l’Afrique avec son équipage en 2008 – 2010 avec « Phoenicia 1 ». Il prépare une nouvelle expédition « Phoenicians before Columbus expedition ».
  •  « Byblos 3D projection », porté par Studio Mr White and Minus5 Architects, illumina les soirées estivales de la cité phénicienne.

III- Les rubriques du site.

Dès l’ouverture du site, nous avons développé plusieurs sujets afin de bien guider l’internaute dans sa recherche. Les rubriques classiques présentes sur tous les sites internet, à savoir : accueil, chronologie, bibliographie, forum, page des liens, livre d’or. Pour la spécificité du nôtre nous proposons :

  • Articles : divers et variés sur l’alphabet, l’art, la pourpre, les bijoux, l’expansion.
  • Cartes : des principaux sites archéologiques (Baalbek, Byblos, Temple d’Echmoun, Ougarit, Tyr) ainsi qu’une carte interactive de l’expansion phénicienne en Méditerranée.
  • Cités : pour le moment nous avons évoqué les cités mères Baalbek, Byblos, Ougarit, Sidon, Tyr.  
  • Documents : la légende d’Adonis, L’élégie de Tyr par Ezéchiel, la mésaventure d’Ounamon.
  • Personnage: l’enlèvement d’Europe, le sarcophage d’Ahiram, le Périple de Hannon, Hiram roi de Tyr et Salomon.

 

Ces rubriques ne sont pas figées, elles sont appelées à s’enrichir au fur et à mesure. Beaucoup de sujets sont en préparation : la navigation,  la monnaie, les comptoirs et villes autour de la Méditerranée, . . .

Un projet nous tient également à cœur que nous souhaitons développer prochainement. Il consiste à instaurer un circuit de voyages culturels au Liban autour des sites phéniciens.

IV- Quelques chiffres pour accompagner ces treize années

217 visiteurs étaient au rendez-vous pour le premier mois du lancement en mai 2003, pour dépasser les 11.000 en mars 2006, lors de l’exposition « La Méditerranée des Phéniciens. De Tyr à Carthage » à l’Institut du Monde Arabe.  Pour plus de transparence et par souhait de connaître le profil de nos « suiveurs », nous reproduisons ces données sur notre page des statistiques. Elles sont mensuelles, avec un archivage annuel. Elles montrent une homogénéité dans la fréquentation, en hausse à partir de septembre, mois de rentrée scolaire, pour faiblir en juillet-août quand le soleil éloigne les internautes de leurs écrans.

Ces chiffres nous aident à mieux cerner la fréquentation. Outre le nombre de visiteurs, ils nous indiquent les pages les plus visitées et l’accès par pays. Ces informations conditionnent aussi la stratégie de communication. Nous restons attachés à la version française qui est la version originale mais nous proposons dès le mois d’août de cette année une version anglaise et arabe pour certaines pages.

Un livre d’or donne aux internautes la possibilité de laisser leurs impressions en toute liberté, toujours dans le respect de la rigueur et la politesse. Il nous permet d’être plus proches de nos visiteurs, à l’écoute de leurs réflexions, suggestions et critiques.

Ce site a atteint l’âge de l’adolescence, il est jeune avec peu de moyens et un long chemin devant lui. Nous y tenons. C’est notre engagement envers un peuple, une histoire, un pays qui nous ont tant donné. Lors de l’exposition « La Méditerranée des Phéniciens. De Tyr à Carthage » organisé par l’Institut du Monde Arabe à Paris, du 6 novembre 2007 au 20 avril 2008, notre site était le seul lien externe référencé. Gallimard Jeunesse, recommande notre site sur sa page« Oh ! L’Antiquité ». Ces encouragements nous les considérons comme un joli retour pour un travail assuré en toute gratuité et sur nos heures de loisirs.



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