Éditions De La Revue Phénicienne : La Premiere Maison d'Édition Francophone Au Proche-Orient
  Si je rappelle aux miens nos aïeux phéniciens,
C’est qu’alors nous n’étions au fronton de l’histoire,
Avant de devenir musulmans ou chrétiens,
Qu’un même peuple uni dans une même gloire ...
Charles Corm
La montagne inspirée, 1934
 

La Revue
Colloques
Colloques internationaux sur la Phenicie
Helen Sader
févr. 2014

L’année 2013 fut particulièrement riche en évènements académiques portant sur l’archéologie, l’épigraphie et l’histoire phéniciennes. Trois stations méritent mention:

  1. Le Colloque International sur la Phénicie Hellénistique, qui se tint à Toulouse du 18 au 20 Février, intitulé La Phénicie Hellénistique.  Nouvelles Configurations Politiques, Territoriales, Économiques et Culturelles,
  2. le workshop international qui eut lieu à Tübingen du 4 au 5 Mars sur le thème East and West. Phoenician Everyday Culture and Phoenician Societies from the Levant to Spain, et, enfin,
  3. Le 8ème Congrès International des Études Phéniciennes et Puniques, qui se tient chaque quatre ans, et qui s’est tenu, cette année, à San Antioco et Carbona en Sardaigne, du 21 au 26 octobre. L’auteur a été invitée à participer à ces colloques et à donner une conférence aux deux premiers; c’est en sa qualité de membre du Comité Scientifique International du Congrès qu’elle fut invitée au troisième.

Le Colloque sur la Phénicie hellénistique a abordé tous les sujets susceptibles de jeter de la lumière sur cette époque relativement inexplorée de la civilisation phénicienne. Le Colloque fut très instructif car riche en contributions basées sur les nouvelles recherches effectuées par des historiens et des archéologues travaillant en Syrie et au Liban.  De Tell Sukas à Tyr, en passant par Tell Sianu, Amrit, Jiyyé et Kharayeb, les participants venus des universités et centres de recherche européens, syrien et libanais, ont présenté les derniers résultats de leurs recherches archéologiques et historiques. La conférence de l’auteur dans le cadre de ce colloque a porté sur ” Les territoires des villes phéniciennes entre continuité et changement”, dans lequel elle tenta, en dépit de la rareté des sources, de suivre les changements survenus concernant l’étendue et la  gestion des territoires des villes phéniciennes.

Quant au workshop sur les Phéniciens en Orient et en Occident, il fut conçu comme une préparation à un projet de recherche qui vise à étudier les relations entre Phéniciens d’Orient et Phéniciens d’Occident. Ce projet a pour but de mieux comprendre le transfer des connaissances et des technologies ainsi que les défis rencontrés par les Phéniciens dans leurs nouvelles terres d’accueil, qui ont conduit à des changements dans leur culture matérielle et leur mode de vie originaux. Dans le cadre du workshop, toutes les nouvelles et anciennes fouilles sur des sites phéniciens au Liban furent passées en revue et des études sur la langue, l’écriture, la religion ainsi que d’autres aspects de la culture phénicienne d’Occident furent présentées.  L’auteur a survolé dans sa communication tous les sites phéniciens du Liban en mettant l’accent sur la contribution de chacun à la connaissance de la civilisation phénicienne.

Quant au 8ème Congrès des Études Phéniciennes et Puniques, il servit comme d’habitude à mettre la communauté académique au courant des dernières découvertes faites dans le monde phénicien en Orient et en Occident. Trois découvertes se démarquent par leur importance: la première, présentée par C. Thompson, concerne l’origine de fragments de minerai d’argent qui furent retrouvés en Jordanie. L’analyse des isotopes a montré la Sardaigne comme lieu d’origine du minerai , ce qui mena les auteurs à conclure à l’identification de la Sardaigne avec l’ancienne Tarshish. Cette découverte semble avoir résolu le problème de la localisation de Tarshish, ville évoquée par la Bible et mentionnée dans l’inscription de la stèle de Nora, et dont la localisation controversée a fait couler beaucoup d’encre. La seconde, présentée par A. Gilboa, est relative à la découverte de traces de cannelle dans des poteries de la ville phénicienne de Dor, sur la côte septentrionale de la Palestine. Ceci apporte la preuve que le réseau commercial des Phéniciens atteignit l’Asie du Sud-est, une escale insoupçonnée jusque-là. Enfin, la troisième découverte intéressante provient de l’île de Mogador, en face de la côte atlantique du Maroc,  où une fouille allemande dirigée par D. Marzoli, a mis au jour une installation phénicienne à caractère, semble-t-il, religieux.

Ces colloques et congrès démontrent l’intérêt constant et grandissant que porte le monde académique aux études phéniciennes. Ils démontrent, aussi, que plusieurs zones d’ombre existent encore dans notre connaissance des Phéniciens d’Orient. Il y a, en effet, une énorme disproportion dans  la recherche sur les Phéniciens: les données provenant de l’Occident sont de loin supérieures à celles provenant de la métropole phénicienne. La recherche dans cette dernière peine encore à se développer et le monde scientifique en attend impatiemment des résultats.  L’espoir réside dans la promesse de nouvelles découvertes sur des sites phéniciens de la métropole qui sont fouillés actuellement avec des méthodologies modernes  et dont les résultats viendront  combler, du moins en partie, les grandes lacunes qui hypothèquent encore notre connaissance du monde phénicien d’Orient. 

 



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